Daniel Widlöcher déclare que juger d'une conduite en termes de normalité ou d'anormalité renvoie obligatoirement à un jugement normatif.
Cependant, la notion de norme se réfère à celle de moyenne.
Or, cette dernière est sujette à caution.
Georges Canguilhem propose de substituer la notion de normativité à celle de norme et la notion d'ordre à celle de valeur.
Cet auteur « biologise » la notion de norme et considère que ce n'est pas à la science de juger du normal car c'est avant tout la vie qui en fait un concept de valeur.
On ne peut pas non plus poser le problème de la normalité ou de l'anormalité sans tenir compte des normes sociales ou individuelles.
La psychopathologie identifie ainsi trois types de normalité : la normalité comme norme sociale, la normalité comme idéal, la normalité comme absence de maladie.
Canguilhem propose encore le concept d'« anomalie » qui se définirait comme « ce qui se laisse voir en se dégageant de l'ensemble lisse et uni qui l'entoure ».
Elle est observable.
Pour Widlöcher, le propre de la psychopathologie est l'étude de ces conduites marquées que sont les anomalies, d'en repérer la genèse, d'en définir la fonction et d'en préciser le mécanisme.
La définition suivante permet de sortir du dilemme de la question sans fin de la relativité des normes :



